Choc au sommet à Guayaquil !

Contexte

Un classique du championnat équatorien. Le Barcelona de Guayaquil jouit d’une popularité inouïe partout dans le pays, si bien qu’on le surnomme « El Idolo » (l’idole). Même à Quito, où je réside pendant mes 6 mois de stage, impossible de ne pas observer l’omniprésence de la fanbase de l’équipe de Guayaquil. La veille du match et mon billet en poche, je m’embarque dans une aventure groundhopping dans ce qu’elles ont de plus pur.

Il est 23h00 quand je monte dans le bus de nuit qui va vertigineusement me descendre de la Cordillère des Andes pour m’emmener à Guayaquil. Au petit matin, et après 10 ans d’éloignement et de perte de contact, je suis accueilli par mon père, qui a élu domicile à Guayaquil depuis de nombreuses années. Il m’emmène découvrir Guayaquil.

La nuit tombante, nous nous rendons au stade. Comme pour beaucoup de jeunes filles et garçons passionnés de football, c’est lui qui m’a emmené dans un stade pour la première fois. Au-delà de l’affiche exceptionnelle, c’est tout un symbole que nos retrouvailles se déroulent à nouveau dans un stade.

Un classique du championnat équatorien :

Guayaquil est la plus grande ville d’Equateur et la première puissance économique. Mon objectif initial était d’assister au Clasico del Astillero (clasico du chantier naval). Cette affiche oppose les deux clubs de Guayaquil : Barcelona SC et Emelec. Avec la Liga LDU de Quito, ces trois-là forment le trio de clubs les plus supportés d’Equateur. Avantage selon moi pour le Barcelona de Guayaquil en termes de nombre.

Ni mes proches, ni même mon père qui vit pourtant à Guayaquil n’étaient rassurés à l’idée que je me rende à ce match, considéré comme l’un des plus chauds du continent sudaméricain. Ne connaissant pas vraiment Guayaquil et bien que pleinement intégré à la culture locale, je décide donc de me rabattre sur cette affiche. Elle est toute aussi alléchante, car teintée d’une rivalité forte, mais atténuée par la distance entre les deux villes, à la différence du derby durant lequel il est vrai que Guayaquil entre en ébullition, pour le meilleur et parfois le pire…

SC Barcelona – Liga de Quito Mai 2018

Passons ces détails et place au match. Si vous avez lu mon article sur le match aller de cette rencontre qui a eu lieu une semaine plus tôt à Quito (disponible ici), vous savez donc qu’avant le coup d’envoi, la situation est la suivante: Le Barcelona SC est premier au classement, avec deux points d’avance sur le rival du jour (5 avant le match aller remporté par Liga LDU). Et ce match va représenter le tournant de la saison.

En effet, ce sont les dauphins du jour qui repartiront avec les 3 points (score final 0-1) et la première place du championnat qu’ils ne quitteront plus. Bien que plutôt sympathisant du club de la capitale, j’avais hâte de découvrir l’ambiance de l’Estadio Monumental de Guayaquil. Ce stade est tout simplement immense ! Avec ses 65 000 places, il est le plus grand du pays et l’un des plus grands du continent). Un vrai stade sudaméricain, tant en termes d’ambiance que d’architecture.

J’y suis. Sous mes yeux, le grain de folie qu’amène la culture latine et que tant d’entre nous recherchent dans les stades. L’activité en tribune est passionnante ! En dépit de la prestation de Barcelona SC sur la pelouse qui n’a clairement pas été au niveau ce soir-là. Les chants incessants et les activités délirantes des ultras de la Sur Oscura, le virage des locaux, à quelques dizaines de mètres de moi, m’impressionnent. Leur énergie me submerge. Autant vous dire qu’à ce moment, je vibre, et les vibes sont bonnes, très bonnes !

En résumé, un stade de légende dans une atmosphère délicieusement exotique. Le football équatorien n’est certes pas le plus léché, mais ses ambiances sont parmi les plus incroyables du continent. Merci Guayaquil.